Vous avez déjà un compte?

Connexion
Un astronaute sur la Lune regardant vers la Terre

Pourquoi les meilleures flottes prennent une vue d’ensemble sur la sécurité

Ce mois-ci, nous explorons en profondeur les données du programme Les flottes les plus en vue (Best Fleets to Drive For) 2026 pour comprendre comment les flottes gagnantes structurent leurs programmes de sécurité en tenant compte de l’ensemble du tableau. Cela signifie dépasser la conformité réglementaire et les statistiques de la technologie, et traiter la sécurité à titre de système, et non d’une liste de contrôle.

En prenant un tel recul, on peut voir tous les éléments interreliés et comprendre comment ils fonctionnent ensemble (ou non).

Pendant longtemps, le secteur du camionnage avait tendance à se concentrer sur certains incidents et à prendre une approche étroite en matière de coaching et de formation. Cette approche consistait souvent en une formation de base dispensée à tout le monde ou présumait que les conducteurs chevronnés savent ce qu’il faut faire dans toutes les situations, et on attendait que quelque chose se produise pour fournir du coaching ou de la formation de rattrapage.

L’explosion de la technologie dans les camions et toutes les données qui en découlent n’ont fait qu’amplifier le problème, et rendre cette approche plus facile à adopter.

En nous penchant sur les données des Flottes les plus en vue 2026, nous constatons que 100 % des finalistes ont des caméras-témoins (dashcams) qui envoient des tonnes de données au bureau. Les flottes réagissent à ce flot de données et nous avons remarqué que 73 % d’entre elles comportent un certain programme de coaching, et plusieurs proposent des programmes d’attribution de coaching et de formation en fonction des événements enregistrés par les caméras-témoins. Corriger des erreurs est excellent, mais si votre programme de coaching est surtout réactif et correctif, vous passez à côté de la valeur réelle que le coaching peut vous procurer.

Lorsque les indicateurs l’emportent

Les cartes de pointage technologiques sont maintenant le principal moyen que les flottes emploient pour évaluer la sécurité. Dans beaucoup de cas, elles ont remplacé les mesures traditionnelles des cotes CSA, des statistiques liées aux collisions et des infractions de mises hors service.

Ici, le risque est ce qu’on appelle la Loi de Goodhart :

« Lorsqu’une mesure devient un objectif, elle cesse d’être une bonne mesure ».

En langage clair? Si on est obsédé par une mesure quelconque, on perd de vue ce qu’elle est censée améliorer.

Pendant des années, les lignes aériennes mesuraient leur réussite selon le nombre de fois qu’un avion quittait la porte d’embarquement à l’heure prévue. Les équipages se dépêchaient à embarquer les passagers pour atteindre leur objectif, mais, en fin de compte, les avions passaient de longues périodes sur le tarmac en raison de la météo ou de la congestion.

La mesure s’est améliorée, d’accord, mais pas l’expérience des passagers.

Voici un autre exemple plus près de notre contexte. Si les objectifs des répartiteurs se rapportent tous à la ponctualité des livraisons, ces personnes sont plus susceptibles de faire pression sur les conducteurs, ce qui risque d’entraîner des accidents, opposant ainsi les deux mesures.

Dans les deux cas, la mesure en tant que telle est sensée. Qui veut décoller en retard? Et quelle flotte ne ferait pas le nécessaire pour satisfaire sa clientèle? Mais pourchasser ces objectifs dans un vase clos entraîne des conséquences.

Si vous mesurez votre succès en fonction des scores de la télématique, il est naturel que votre approche en matière d’amélioration soit de réagir aux événements qui alimentent cette cote.

Il n’y a peut-être rien de mal dans ça – il est encore tôt, alors il faudra un peu plus de temps avant que l’effet global se manifeste – mais il faut tout de même considérer les résultats négatifs potentiels lorsqu’on fait passer un chiffre quelconque par-dessus tout. Demandez-vous ceci : quel type de comportement est-ce que je risque d’encourager si l’entreprise se concentre sur cette mesure en particulier?

Rendre le coaching formel

Alors, que font les flottes triomphantes pour bâtir des programmes de sécurité gagnants?

Tout d’abord, nous constatons une transformation dans la façon dont les programmes sont mis sur pied et exploités. Près des deux tiers des flottes ont établi un processus formel pour sélectionner les coachs, ainsi que pour les appuyer au moyen de formation et d'un soutien continu.

Cela démontre que les lauréats des Flottes le plus en vue considèrent leur programme de coaching comme bien plus qu'une simple formation corrective et réactive. Ils prennent soin de mettre les bonnes personnes en place et veillent à ce que ces dernières aient toute la formation et le soutien nécessaires pour accomplir des tâches qu’elles n’ont peut-être jamais réalisées auparavant.

Ceci est important, car être un coach efficace est plus qu’une question de comprendre comment il faut faire l’activité enseignée. Un programme de coaching efficace ne vise pas à prendre les conducteurs sur le fait et de corriger leurs erreurs. C’est plutôt une question de savoir comment communiquer efficacement. Il faut savoir écouter, montrer de l’empathie et poser les bonnes questions, en plus d’expliquer la bonne façon d’exécuter une tâche. Il faut aussi comprendre toutes les composantes d’un programme de sécurité de premier ordre.

Si vous interpellez les conducteurs seulement pour faire état d’un freinage brusque, vous leur parlez sans doute plus souvent, mais ces appels n’ont sans doute pas l’effet escompté. Comme le chien de Pavlov, vous les entraînez à associer cette sonnerie aux problèmes.

Si nous examinons nos sondages pour conducteurs, l’effet positif de cette approche est clair :

Un autre signal que les flottes investissent dans leurs programmes de coaching et de mentorat est si, oui ou non, les coachs sont rémunérés pour leurs tâches supplémentaires. Environ 80 % de nos Flottes les plus en vue proposent une rémunération formelle pour les coachs et les mentors, et 40 % d’entre elles ont une structure de rémunération de 100 $ ou plus par jour.

Les conducteurs (ne) détestent (pas) la formation

Dans l’industrie, un mythe persiste suggérant que les conducteurs n’aiment pas la formation. Plus exactement, les conducteurs n’aiment pas les formations médiocres. C’est-à-dire une formation condescendante et générique qui ne leur apprend à peu près rien, ou qui ne tient pas compte de leur expérience quotidienne réelle.

Dans le cadre de notre sondage pour conducteurs, 88 % d’entre eux ont déclaré que la formation était très importante pour leur réussite (69 % étaient tout à fait d’accord). Donc, ils croient en la formation, mais ils veulent une formation qui les aide à réussir et qui leur enseigne quelque chose de nouveau.

Nous avons demandé aux participants des Flottes les plus en vue comment ils présentaient leur formation aux conducteurs et leurs réponses étaient classées en catégories : en ligne, en salle de classe, pratique, coaching et simulateurs.

Plus de la moitié de nos finalistes (57,5 %) employaient au moins trois différentes méthodes pour donner de la formation et 20 % en utilisaient quatre. Cette approche à canaux multiples comporte plusieurs avantages. Certains sujets se prêtent naturellement à un certain format plus qu’à un autre. Se servir de plusieurs canaux permet de fournir une formation par le meilleur moyen possible. Ceci permet aussi de renforcer le message de différentes façons.

Les diverses méthodes se prêtent aussi aux différents styles d’apprentissage des conducteurs. En effet, les gens n’apprennent pas tous de la même façon. Pour certaines personnes, lire sur le sujet suffit amplement. D’autres préfèrent écouter ou regarder. Et certains apprennent mieux en exécutant. Une combinaison de méthodes vous permet de répondre à ces différents styles.

Même dans le cadre de chaque méthode, il est important de tenter de répondre à chaque style, et c’est pourquoi les cours de CarriersEdge suivent un modèle de stratégie de mise en forme qui suit le principe de « Dites-moi, montrez-moi, laissez-moi essayer, testez-moi ». Ceci garantit que tous nos cours sont efficaces, quel que soit le style d’apprentissage.

De toutes les méthodes, la formation en ligne était la plus populaire, à hauteur de 88 %. Ceci était suivi du coaching (73 %) et des salles de classe (70 %). Depuis les dernières années, la méthode en ligne a gagné en popularité, grâce à sa capacité à rejoindre les conducteurs partout où ils sont, à son coût par rapport à la formation en présentiel, et à son efficacité globale, tous des éléments qui ont alimenté ce changement.

Bien entendu, nous sommes de grands partisans de la formation en ligne, mais cela ne devrait jamais être votre seule méthode de formation (nous n’avons qu’une seule flotte finaliste pour laquelle c’est le cas).

Comme il en est de tout le reste dans le secteur, en formation, une touche humaine est essentielle. La relation est tellement importante, et une partie intégrante de la création d'une culture de sécurité robuste consiste à développer ces relations et à avoir ces conversations sur la sécurité.

Il semble que les finalistes des Flottes les plus en vue ont bel et bien reconnu cela.

L’un des aspects qui nous préoccupent un peu, c'est les heures passées en formation après la première année de service.

Il semble y avoir une supposition chez certaines flottes qu’une fois que le conducteur a terminé sa première année, la formation est moins importante.

Lorsqu’on demande quelle est la quantité de formation fournie aux conducteurs après un an, la moyenne n’est que de 16 heures par année, ce qui représente un peu moins de 90 minutes par mois. Bon, cela n’est que la moyenne, car certaines flottes en fournissent jusqu’à 75 heures par année.

Si les conducteurs déclarent que la formation continue est importante pour leur réussite, et que la majorité d’entre eux indiquent que le coaching qu’ils reçoivent actuellement les aide à s’améliorer, il semble qu’en fournir davantage est une solution facile. Surtout si vous utilisez la formation en ligne et que le coût de fournir un seul cours est le même que d’en fournir cinq ou dix (comme c’est le cas avec CarriersEdge).

En résumé, les flottes qui enregistrent la plus grande différence dans le cadre du programme Les flottes les plus en vue sont celles qui prennent une approche holistique et globale envers la sécurité et la formation. Elles ne concentrent pas seulement leurs efforts sur la résolution des problèmes du jour, mais également sur la création d’un programme qui anticipe les trois ou quatre problèmes qui peuvent survenir après le premier. Certes, elles continuent d’observer les événements déclarés par les caméras-témoins, et fournissent de la formation sur ces points, mais elles voient plus loin et gardent l’œil sur un programme plus étendu qui procure une valeur réelle sur les résultats nets, la culture et la rétention des conducteurs.