Sur mesure : adapter votre enseignement à différents types d’apprenants
Le 10 janvier 2024
Que vous enseigniez en personne ou par l’entremise d’une plateforme en ligne, vous devez songer à deux grandes questions (et une foule de petites aussi). La première, c’est la matière que vous allez enseigner, soit le contenu précis auquel vous souhaitez que les apprenants participent. Et bien que nous en ayons discuté lors d’un article et d’un webinaire précédents, l’autre question, tout aussi importante, c’est de quelle façon les apprenants devraient interagir avec le matériel. Dans un récent webinaire, Rick Duchalski, spécialiste des communications, s’est entretenu avec Jane Jazrawy, cheffe de la direction de CarriersEdge, pour réfuter certaines idées fausses que les gens ont à propos de l’apprentissage en général, pour discuter de l’enseignement sur mesure pour répondre aux besoins des apprenants, et aussi pour souligner l’ingrédient (pas trop) secret que votre programme devrait posséder.
1re idée fausse : Les styles d’apprentissage
Lorsque le concept des styles d’apprentissage est apparu, l’idée était que les gens apprennent d’une certaine façon précise (visuel, auditif, etc.) – et que pour réussir chaque personne devrait recevoir son enseignement de la manière qui lui convient le mieux. Bien que des études depuis aient démontré que ce n’est pas le cas (et que tout le monde peut apprendre de différentes façons), beaucoup de gens y croient encore. « En réalité, c’est qu’on les comprend mieux en tant que points de repère pour l’apprentissage », plutôt qu’un style dont on ne peut pas déroger, explique Mme Jazrawy. Les gens peuvent préférer apprendre d’une certaine manière (ou leur cerveau fonctionne différemment), mais cela ne veut pas dire qu’une personne est limitée à une seule approche d’apprentissage.
Cela dit, vous devriez tout de même tenter d’enseigner du plus grand nombre de moyens possible afin de répondre à ce large éventail de préférences. Lorsqu’il s’agit de bâtir du contenu en ligne, il devrait être présenté pour qu’il soit vu, entendu et pour qu’on puisse y répondre. Même si vous n’englobez pas tous les styles en tout temps, ça va – ce n’est pas parce qu’une personne préfère apprendre d’une certaine façon qu’elle ne peut pas le faire autrement. Mais en travaillant avec plusieurs stratégies, le contenu est accessible à plus de gens.
2e idée fausse : « Dans le temps… »
L’envers de croire que les gens ont des styles d’apprentissage coulés dans le béton, c’est la croyance que la façon dont l’instructeur a appris la matière il y a des années devrait s’appliquer aujourd’hui. « La formation, c’est un art, pas une science », comme le dit souvent Mme Jazrawy. Une grande partie de cet art consiste à être ouvert à changer votre style si vous vous rendez compte que les étudiants (tous ou quelques-uns) ne saisissent rien. Et il faut réagir à ces signaux tant lorsqu’ils répondent aux questions que lorsqu’ils donnent des indices plus subtils.
Lorsque vous enseignez en personne, faites attention à ce que les étudiants disent, mais aussi à ce qu’ils ne disent pas – les indices non verbaux comme la posture, les distractions et plus, pourraient indiquer que le contenu n’est pas absorbé comme prévu. Un bon instructeur sera conscient de ces indicateurs, alors soyez prêt à changer votre approche pour que les étudiants reviennent à leurs moutons.
Cela peut sembler difficile à faire en ligne, mais c’est possible. En incorporant des points de contrôle sur les connaissances acquises, des mini quiz et des évaluations plus approfondies – en plus de faire passer des sondages aux apprenants – vous pouvez constater à quel point la matière est absorbée et si vos étudiants aiment le programme.
Les bons programmes de formation comprennent une combinaison de présentiel et de virtuel, ce qui signifie que vous avez la chance de faire un suivi avec les étudiants face à face, pour vous assurer que la matière en ligne est bien acquise.
3e idée fausse : Mes camionneurs ne veulent que de courtes vidéos
Un mythe bien étrange flotte dans l’industrie sur la façon dont les conducteurs aiment apprendre en ligne – « les vidéos doivent absolument être courtes, c’est tout ce qu’ils peuvent tolérer ». Et bien que certaines personnes soient de cet avis, en réalité, ce sentiment est une réponse à quelque chose de précis : du mauvais contenu. En particulier, des leçons interminables auxquelles les conducteurs doivent assister sans savoir combien de temps cela va durer et ce qu’ils sont censés apprendre.
Que ce soit en personne ou en ligne, du bon matériel didactique comprend des points de repère intégrés, c’est-à-dire des signes qui indiquent aux étudiants combien de temps ils doivent y mettre, les objectifs d’apprentissage et des points de contrôle qui leur rappellent tout ce qu’ils ont appris jusqu’à maintenant et ce qu’il leur reste à apprendre. Si vous pouvez faire cela, vous découvrirez que les apprenants seront plus attentifs et auront la volonté de vous suivre sur une plus longue route, car ils ne gaspillent pas leurs précieuses ressources intellectuelles à se demander combien d’énergie il leur faut avant d’en finir.
L’ingrédient pas trop secret
Il y a un quatrième élément qui pourrait sembler très évident, mais dont on ne peut surestimer la valeur : la matière doit être du contenu de qualité, et non seulement un survol des connaissances générales ou une répétition des règlements, mais une étude approfondie des sujets dont les conducteurs ont vraiment besoin. Même si on se préoccupe des styles d’apprentissage, qu’on intègre des points de repère et qu’on atteint les objectifs, tout en étant sensible à la participation des étudiants, cela ne sert à rien si le contenu est médiocre. Et bien que cela vaille pour la formation en personne, c’est encore plus vrai dans le cas de l’expérience en ligne : « Durant la formation en ligne, les gens sont distraits par une foule de trucs, mais la question la plus fondamentale que vous devriez poser, c’est s’il s’agit d’un contenu de qualité ou non », conseille Mme Jazrawy. Si la qualité n’y est pas, le reste importe peu.
Mais si elle y est, votre programme de formation, y compris les composantes tant en ligne qu’en personne, peut renforcer les compétences de vos conducteurs si a) il inclut différentes stratégies d’apprentissage, b) il répond aux attentes de l’apprenant au moyen des points de repère et c) il comprend une formation pratique de suivi pour que l’apprentissage soit retenu.