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Silhouette humaine debout au centre de lignes tourbillonnantes, approchant la lueur au bout d’un tunnel

Les flottes gagnantes de demain traitent l’incertitude comme une discipline de gestion

Il semble qu’à chaque fois que quelqu’un annonce que la lueur est au bout de ce sombre tunnel économique, quelque chose se produit pour la faire diminuer. Après un certain temps, ce type de tromperie nous en fait prendre un coup, et les entreprises se résignent à faire ce qu’il faut pour rester en affaires.

Lors d’un ralentissement sectoriel, la plupart des entreprises interviennent de la même façon : de grosses coupures et une marche arrière afin de braver la tempête. Le problème, c’est que ces mesures affaiblissent les capacités dont elles auront besoin lorsque le marché fera une remontée. Les entreprises qui réussissent et croissent le plus rapidement à la suite d’un ralentissement économique sont celles qui choisissent de protéger et de renforcer les actifs qui seront les plus importants à l’issue de cet engourdissement.

Pour les entreprises de camionnage qui vivent cette troisième année de récession du fret, cette distinction est cruciale.

L’incertitude expose la différence entre les coupures et la bonne gestion

Lorsque le marché se serre la ceinture, bon nombre de flottes commencent à utiliser le mot « discipline ». Mais discipline peut signifier deux choses très différentes.

L’une des versions est réactive. La formation est réduite, car elle semble être une dépense discrétionnaire. Les conversations sur l’entretien mécanique sont mises de côté parce qu’il y a autre chose de plus urgent. Le coaching devient plus tranchant, moins constructif et lié davantage au blâme. Les communications se résorbent. Moins de mises à jour. Moins d’explications. Moins de contexte de la part de la direction.

Au début, tout cela se manifeste dans les petites choses. Un conducteur saute une partie de sa ronde de sécurité parce qu’il se sent pressé. Une gestionnaire laisse le coaching proactif de côté et fournit de l’encadrement seulement sur les événements enregistrés. Un problème systématique d’équipement n’a toujours pas été documenté une semaine plus tard. Personne n’a pris une décision dramatique pour baisser les normes. Chacun et chacune fait ce qu’il croit être nécessaire dans l’environnement actuel. Toutefois, cela entraîne des conséquences à long terme.

L’autre signification du mot « discipline » implique que l’on fait preuve de proactivité dans la gestion des efforts et des ressources. Les flottes dans cette catégorie se concentrent sur les systèmes qui préviennent la détérioration des normes. Elles maintiennent la pertinence de la formation. Elles veillent à ce que le coaching continue et demeure intact. Elles s’occupent des problèmes d’entretien bien avant qu’ils ne se transforment en pannes, en infractions ou en frustrations. Elles communiquent davantage, pas moins.

Alors, la véritable question n’est pas de savoir si une flotte fait preuve de discipline. Mais bien du type de discipline qu’elle choisit.

Ce que les flottes résilientes ont en commun

Les flottes résilientes ont tendance à faire systématiquement des choix judicieux, surtout lorsque le marché les pousse à devenir réactives.

Dans le cadre du programme Les flottes les plus en vue 2026 (Best Fleets to Drive For), un schéma distinctif s’est dessiné : les flottes qui traversent le mieux une longue récession de fret sont celles qui investissent dans la sécurité, entretiennent de l’équipement de haute qualité et forgent une culture dans laquelle la rétroaction des conducteurs et conductrices mène à des changements opérationnels concrets. Par conséquent, elles réussissent à préserver le moral et la fidélité alors que les conditions sont encore éprouvantes.

Et comme nous l’avons noté dans un billet de blogue précédent, cela ne signifie pas pour autant qu’elles n’ont aucun choix difficile à faire. Ce qu’elles font, c’est prioriser avec intention.

Ceci est important parce que ces décisions ne sont pas prises en vase clos. Elles se renforcent les unes les autres.

Une flotte qui priorise le coaching proactif plutôt que réactif choisit délibérément de promouvoir une culture de sécurité, et non de courir après la réduction des infractions. Ce cycle de renforcement proactif se fortifie par lui-même et crée le fondement pour former de bonnes habitudes.

La sécurité comme outil de gestion stratégique

On traite souvent la sécurité comme s’il s’agissait d’une exigence distincte, mais en réalité c’est un outil de gestion.

Bien menée, cette démarche ne se limite pas à ne réduire que les risques. En effet, cela réduit les fardeaux opérationnels quotidiens : moins d’incidents, moins de conversations correctives sur le pouce, moins de problèmes mécaniques évitables, et moins de frustration chez les conducteurs et conductrices. Cela aide à faire rouler les affaires avec moins de friction.

Les flottes qui sont des chefs de file considèrent la sécurité à titre de système, et non comme une simple liste de contrôle. Elles ne font pas que réagir aux événements ou pourchasser une certaine cote. Elles observent comment le coaching, la formation, la communication, les habitudes d’inspection et les décisions quotidiennes s’intègrent les uns aux autres. Cette mentalité de système facilite la détection des problèmes dès qu’ils surviennent, avant qu’ils ne se transforment en arrêts forcés, infractions et coûts évitables.

Cela améliore aussi la prise de décision. Lorsque la sécurité est constante, les leaders peuvent voir les problèmes plus clairement, intervenir plus rapidement et gérer en toute confiance. Cette situation est importante à l’interne, mais aussi auprès des assureurs.

Prenez, par exemple, une simple ronde de sécurité. Dans ce billet de blogue, Steven Bojan de Sentry Insurance a expliqué comment il se sert de la qualité d’une ronde de sécurité pour évaluer le programme de sécurité global d’une flotte.

C’est pourquoi porter une attention particulière à la sécurité aide à stabiliser une flotte dans les périodes d’incertitude. Cela établit un langage commun pour les normes, le suivi et la responsabilité au sein de celle-ci. Lorsqu’on traite la sécurité à titre de système, et non d’une case à cocher, cela contribue à maintenir la flotte cohésive lorsqu’elle est sous pression.

Les flottes fragiles éliminent la formation en premier

Il est facile de se débarrasser de la formation, car elle est souvent réduite à une ligne de dépense dans un budget, plutôt que de figurer comme outil opérationnel.

Lorsque les membres de la direction regardent la formation que comme étant des frais d’adhésion, une attribution de cours ou des heures d’administration, c’est facile de décider que moins de formation équivaut à un meilleur bénéfice net. Mais il faut regarder au-delà des frais ventilés et mesurer l’influence globale de la formation sur l’entreprise afin de comprendre le véritable rendement sur le capital investi.

Un problème de conducteur qui ne se répète pas est du temps gagné. Un incident évitable qui ne se produit pas constitue un coût écarté. Moins de coups de téléphone de la part des gestionnaires, moins de rappels, moins de conversations correctives sur le pouce, moins de questions évitables durant l’accueil, ce sont tous des gains opérationnels.

Du même coup, trop de formation n’est pas nécessairement mieux. Les entreprises doivent tout de même faire preuve de discipline en attribuant de la formation, surtout dans un contexte économique difficile.

Attribuer de la formation mensuelle aux conducteurs et conductrices sans raison précise est souvent contre-productif. Tout comme cocher abstraitement la case d’une tâche, d’ailleurs. Une formation efficace devrait apparaître lorsqu’elle peut régler un vrai problème, renforcer des normes qui se détériorent, soutenir une conversation de coaching ou préparer les conducteurs et conductrices à un changement qui touchera leur travail quotidien.

Et ce n’est pas toute la formation qui devrait être donnée en ligne, même si c’est souvent moins cher. Nos résultats provenant des Flottes les plus en vue indiquent que 88 % des finalistes se servent de la formation en ligne, mais qu’ils utilisent aussi d’autres méthodes complémentaires.

La formation n’est « une simple dépense » que lorsqu’elle est mal exécutée. Si elle vise les bons problèmes et qu’on l’évalue adéquatement, elle devient l’un des outils qui aident la flotte à garder le cap lorsqu’elle est sous pression.

Une flotte qui souhaite croître doit protéger les éléments qui se mettent à l’échelle

Il est maintenant temps de vous poser quelques questions.

Faites-vous des coupures dans les éléments qui vous nuiront lorsque le fret sera de retour? La pertinence de la formation. Le suivi du coaching. Les habitudes d’inspection. Les routines de communication. Les boucles de rétroaction. Ce sont des choses faciles à réduire, mais difficiles à rebâtir sous pression.

Que renforcez-vous chaque semaine? Pas ce qui est écrit dans les manuels. Pas ce que vous dites lors des réunions. Mais quels sont les éléments sur lesquels les gestionnaires coachent vraiment? Qu’est-ce qu’on répète toujours aux chauffeurs et chauffeuses? Quels éléments font l’objet d’un suivi lorsque la semaine est chargée? Ces tendances vous disent ce que la flotte pousse les gens à faire.

Où les raccourcis deviennent-ils la norme? Bien entendu, toutes les flottes ont leurs faiblesses. La question est de savoir si elles demeurent l’exception, ou si elles se transforment en comportement normal.

Quel type de discipline vous aidera à croître plus tard? Voilà sans doute la question la plus importante. Car l’enjeu n’est pas de traverser une seule mauvaise passe. C’est plutôt de décider quel type de flotte la vôtre sera lorsque le climat s’améliorera. Les exploitants les plus robustes ne préservent pas tout, c’est impossible. Cependant, ils préservent les systèmes qui facilitent une croissance future, et cette amélioration continue est la véritable lueur au bout du tunnel.